Bon, comme on me l'a réclamé (à juste titre) je vais vous faire un récit complet de mon vol sur le Gazaile, enfin aussi complet que possible !
Déjà, avec Serge, on a passé une bonne demi-heure à scruter l'appareil. Et oui, à la base, on était venu pour regarder la machine avec un oeil "constructeur". La première fois que j'ai vu le Gazaile en vrai c'était à Blois. Mais j'ai passé mon temps à me dire "ouha, il est beau" donc pas très constructif. Donc là on a regardé comment c'est fait avec les explications. Pour faire simple, hormis le fait que c'est super bien fait niveau structure, j'ai envie de dire (et ce n'est sûrement pas Serge qui va me contredire) que c'est fait à la McGyver !! Tout est fait en bricolant des petits trucs pas cher. N'allez pas interpréter mes dires. c'est bien fait. Mais c'est de la bidouille. Enfin toujours est-il que Serge me propose de l'essayer !!
Première étape, monter dans la machine :

Etant donné que les ailes ne sont pas prévues pour pouvoir "monter" dessus, il faut enjamber le cockpit. Pas très évident si l'on n'a pas la technique. Mais avec les explications de Serge on arrive à monter sans problème. Une fois dedans. Première impression c'est confortable (bon d'accord je n'ai volé que 30 min mais même pendant tout le vol, on est bien installé). Je ne fais que 1m75 mais j'avais encore de la place au dessus de ma tête (avec le casque) alors que le siège n'était pas réglé au plus bas. Sinon au niveau des jambes, pas de problème, j'étais à l'aise pour le palonnier et mes genoux ne touchaient pas la planche de bord. Pour ce qui est de la place au niveau des épaules pas de problème pendant le vol. Je précise "pendant le vol" car là est le seul bémol que j'ai remarqué. Etant donné que les commandes volets/gaz/frein sont entre les deux sièges lorsque le pilote manipule les freins ou les volets on joue un peu des coudes. Heureusement les gaz sont placés bien en avant et la gestion des gaz ne gêne pas trop.
Mise en marche du moteur, première surprise, très peu de bruit. Je m'attendais à un moteur bruyant mais pas du tout. On a même pendant le vol retiré nos casques. Pas de problème on s'entend parfaitement sans intercom ! De même, de l'extérieur, très peu de bruit. Mon père qui est resté sur le parking, m'a raconté qu'une fois que le Gazaile a fait 50m, on ne l'entendait presque plus. Pendant que le moteur chauffait, Serge me présente les divers instruments. En particulier son "Insboard". Afficheur numérique qui renseigne sur tout plein de paramètres. Bon, là je vais faire "mon vieux" (à 26 ans, dommage), mais je n'ai pas été super convaincu de son système. Désolé Serge ;) Je reste quand même sur les bons instruments à aiguilles.
Donc ensuite annonce à la tour, alignement et gaz. Il n'y a pas d'accélération "sèche" comme il peut en avoir sur le moteur 2 temps essence. Mais une accélération progressive. Bien agréable. Par contre une impression quand même qu'il a du mal à partir. Donc on accelère et arrivé à 80 km/h on soulève la roulette. On la garde en l'air jusqu'à 110 km/h, vitesse nécessaire pour décoller. Palier de prise de vitesse jusqu'à 150 km/h et montée à 150 km/h. Un peu de vent de travers mais le Gazaile se met naturellement en dérapage. Pour la montée, même si on a l'impression que le moteur diesel avait du mal à le faire décoller, une fois en l'air on a suffisamment de puissance pour monter sans problème. Ensuite direction la mer. Petit plaisir personnel sur ce coup-ci !
Maintenant, le comportement de l'appareil en vol. Bon moi j'ai l'habitude de voler sur un "vrai" ULM, un Xair pour ceux qui connaissent (de plus, ne pas oublier que j'ai volé sur la version avion du Gazaile). Donc pas la peine de vous dire que ça n'a rien a voir. Le gazaile est très vif ! Il répond au quart de poil aux commandes. Petite remarque marrante, il n'y a aucun lacet inverse. Alors comme j'ai le reflexe de compenser au palonnier naturellement, Serge n'a pas arrêté de me bloquer les pédales lol. Il en avait une crampe sur la fin. Sinon, vitesse de croisière 220km/h et il vole parfaitement aux basses vitesses. Avantage de la verrière, quelle visibilité !!!! Par conte le gazaile ne vole pas à plat. Alors si on met naturellement l'appareil à plat, vario négatif. Sinon il est parfaitement stable. On peut lâcher les commandes sans problème. Petit détail marrant, il a 2 états stables. Je m'explique. On le compense par exemple à 220 mk/h, vario nul, avion stable. Et bien si on cabre un peu, jusqu'a atteindre 180 km/h et qu'on relache le manche. Il reste à 180, vario nul et stable. Pareil, on plonge un peu, 220km/h, on retombe dans un état stable.
Ensuite vient l'atterrissage. Toujours vent de travers. Sans problème. Juste à savoir que l'avion ne fait pas son arrondi naturellement avec l'effet de sol, il faut bien penser à le faire "au manche".
Ensuite retour au parking avec, comme vous pouvez l'imaginer, un sourire jusqu'aux oreilles ! En tout cas, une chose est sûre. Ca ma redonné une de ces motivations pour continuer la construction ! J'espère donc que le prochain vol se fera sans Serge et surtout, non pas sur le n°1 mais bien sur le n°62 (le mien).